Pour le plaisir (ou non) de nos mirettes, voici un récap’ des rebrandings qui m’ont marqué durant cette année 2026.
LE MONT SAINT-MICHEL
Le nouveau logo Mont Saint-Michel prend une identité résolument typographique. Le studio Graphéine a travaillé autour d’une typo, simple et identifiable qui reprend la sillouhette iconique du site. Ce choix répond à une volonté : sortir de l’image de carte postale tout en conservant la force symbolique du lieu. Plutôt que de dessiner une énième fois son rocher, Graphéine choisit de faire de son nom son principal signe graphique.


L’OM
Difficile de passer à côté de ça ! Après 22 ans, l’Olympique de Marseille sort un tout nouveau logo ! Plus rond, plus épuré, avec un bleu plus profond… Ce 12ᵉ logo de l’histoire du club simplifie le célèbre « OM » en intégrant les majuscules au centre d’un cercle. (Tout ça ressemble, selon moi, un peu trop au logo volkswagen !). Pensé ainsi, pour mieux fonctionner dans un univers désormais numérique.
L’étoile et la devise « Droit au but » restent bien présentes sur les maillots des joueurs. Tandisque que le logo s’intégre de manière plus facilement sur les autres supports de la marque.


LACOSTE
Lacoste fait évoluer son identité, plus de dix ans après sa précédente évolution. Derrière ce nouveau look se cache un enjeu stratégique. Une enquête menée pour la marque en 2023 avait révélé que si son célèbre crocodile était largement reconnu, son origine française l’était beaucoup moins. L’objectif est donc de réaffirmer Lacoste comme une Maison française, en puisant davantage dans son histoire et ses archives.
Le changement le plus visible se trouve dans la typo. Le crocodile abandonne sa police sans empattement au profit d’un serif dessiné sur mesure, inspiré des archives de la Maison. Le crocodile, reste quasiment inchangé. Cependant, certains détails sont plus marqués : son vert se rapproche de sa teinte historique et sa langue rouge devient plus visible. De plus, le reptile s’affiche seul sur certains supports, preuve que sa reconnaissance est suffisamment forte pour se passer du nom « Lacoste ». L’ensemble de l’identité est pleine de références au patrimoine de la marque : signature manuscrite de René Lacoste, motifs issus des archives, tennis, golf, terre battue et même une teinte « farine » inspirée de son célèbre blazer.
Un rebranding qui s’oppose à l’uniformisation minimaliste des dernières années. Lacoste refuse d’effacer son passé pour paraître plus contemporain comme la plupart des Maisons de luxe. Lacoste choisit de remettre son héritage au centre pour affirmer son identité et mieux raconter celle qu’elle est déjà.


L’AMAZONIA
L’Amazonie sort sa première identité visuelle unifiée par 9 des 26 États du Brésil et imaginée par FutureBrand. Les courbes du fleuve Amazone et de ses affluents, capturées à partir d’images satellites, ont servi de base à la création d’un alphabet complet. L’identité fonctionne ensuite comme un véritable système vivant (et je trouve ça incroyable !). Les couleurs, motifs et éléments graphiques peuvent évoluer selon les lieux et les contextes, tout en conservant une cohérence commune entre les États qui composent l’Amazonie brésilienne. Une manière de traduire graphiquement la diversité naturelle, culturelle et humaine de la région sans chercher à l’uniformiser.
Ce n’est pas qu’un simple rebranding, cette nouvelle identité doit aussi servir de marque de destination et de levier économique. Elle s’accompagne aussi du label « Feito de Amazônia », destiné à valoriser les produits et savoirs-faire locaux.


L’OCCITANE
Pour ses 50 ans, L’Occitane en profite pour revoir son identité. Engagée depuis 2025 dans une transformation qui doit se poursuivre jusqu’en 2027, la Maison dit chercher à retrouver ce qui fait son ADN : la Provence, les plantes, les savoir-faire artisanaux et la sensorialité. Le problème était aussi devenu très graphique : au fil des collections, les codes s’étaient multipliés jusqu’à rendre l’ensemble des produits parfois difficile à identifier. Le nouveau territoire visuel, imaginé notamment avec l’agence Ich&Kar, remet de l’ordre dans ce fouillis.
La typo du logo est rééquilibrée. De plus, un nouveau monogramme « L’O » définit maintenant la marque et un dégradé pastel apporte une nouvelle signature à l’ensemble des produits. Sur les packagings, l’ingrédient reprend également le premier rôle : chaque plante devient un point d’entrée graphique, accompagné d’ornements inspirés de sa forme et de ses caractéristiques. De même, les formes des flacons et des bouchons s’unifient pour créer une meilleure cohérence entre les gammes.


KFC
KFC dévoile une nouvelle identité mondiale imaginée avec l’agence JKR. Mais derrière ce rebranding, l’enjeu n’est plus seulement la simple évolution du logo : KFC cherche à réinventer son univers pour rester pertinent auprès d’une nouvelle génération. Car, même si KFC est mondialement connu, sa notoriété ne suffit plus à assurer sa croissance. L’objectif est donc de construire une expérience plus expressive, plus culturelle et surtout plus identifiable.
JKR s’appuie donc sur l’un des éléments les plus emblématiques de KFC : le bucket. Le célèbre seau de poulet devient la star de la marque et se transforme en véritable signe graphique, capable de structurer les packagings, les restaurants, les campagnes et les différents points de contact de la marque. Baptisé « Bucketverse », cet univers fait du bucket bien plus qu’un emballage : il devient une véritable porte d’entrée dans l’expérience KFC. Le reste de l’identité reprend les codes que nous connaissons déjà : le Colonel Sanders, la couleur rouge et les rayures sont redessinés pour créer un langage visuel plus expressif.
Un rebranding qui cherche finalement à reprendre les signes les plus iconiques de la marque et de leur donner davantage de possibilités d’expression, sur un terrain de jeu beaucoup plus vaste.



BONDUELLE
Bonduelle avait déjà changé son logo en 2023. En 2026, la marque dévoile un rebranding, mais sans bouleverser son logo. En y regardant de plus près, quelques détails ont toutefois été ajustés : l’une des trois petites feuilles a disparu, ainsi qu’une des parenthèses jaunes et la boucle du « n » qui vient envelopper le « d » a été atténuée. L’accent a surtout été mis sur la couleur : le vert prend désormais davantage de place et vient recouvrir les packagings pour créer un impact visuel plus fort en rayon. Avec l’agence Carré Noir, Bonduelle fait ainsi évoluer son identité sans en modifier les fondations, pour affirmer davantage sa place autour du « bon, végétal ».
Une refonte qui repose donc avant tout sur un réajustement marketing et graphique plutôt que sur une véritable transformation de l’identité.


PUGET
Après plusieurs années sans faire évoluer ses packagings, Puget dévoile une identité repensée par l’agence Dragon Rouge. Et plutôt que de chercher à réinventer la marque, l’agence a choisi de revenir à ses fondamentaux : la Provence, le goût et l’héritage de la marque, présente sur le marché de l’huile d’olive depuis 1857.
Le nouveau design mise sur la simplification et la hiérarchisation. Comme les modes du design actuels le veulent, les éléments graphiques sont épurés, les messages deviennent plus lisibles et les couleurs historiques vert et jaune gagnent en intensité pour renforcer l’impact en rayon. Le produit se veut davantage mis en valeur, avec une identité plus moderne et plus élégante, sans dénaturer les bouteilles emblématiques de Puget, si aimées des consommateurs habitués.

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